Souveraineté numérique : alliances de l’UE sur puce et cloud


L’Union européenne veut réduire sa dépendance vis-à-vis des entreprises non européennes, notamment asiatiques et américaines, en matière de technologies numériques. Dans cette optique, Bruxelles a lancé en juillet deux nouvelles alliances, l’une pour les technologies des processeurs et des semi-conducteurs et l’autre pour les données industrielles, la périphérie et le cloud.

L’objectif est de “faire progresser la prochaine génération de puces électroniques et de technologies de cloud computing industriel et d’informatique de pointe et de fournir à l’UE les capacités nécessaires pour renforcer ses infrastructures, produits et services numériques critiques”. Les deux consortiums seront rejoints par des entreprises, des représentants des États membres, des universités, des utilisateurs et des organisations de recherche et de technologie.

« Les deux alliances développeront des feuilles de route technologiques ambitieuses pour développer et déployer la prochaine génération de technologies de traitement de données du cloud aux semi-conducteurs de périphérie en Europe », a expliqué le commissaire au marché intérieur Thierry Breton. « Soutenir l’innovation dans ces secteurs critiques est essentiel et peut aider l’Europe à faire un bond en avant avec des partenaires partageant les mêmes idées », a déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission européenne.

Les alliances sont ouvertes à la participation de toutes les entités publiques et privées ayant un représentant légal dans l’Union et ayant des activités pertinentes, à condition qu’elles remplissent les conditions strictes définies dans le mandat.

Industrie des puces

Pendant la pandémie, la demande de puces a augmenté de façon exponentielle : les gens, obligés de rester chez eux et de travailler à distance, ont commencé à acheter de nouveaux appareils plus puissants et efficaces. Cela a conduit à une pénurie soudaine qui a mis l’automobile, les composants et d’autres secteurs en crise. Selon les prévisions, la crise se poursuivra jusqu’en 2022. Face à la complexité de la situation, l’Union européenne a décidé de tenter d’atteindre une autosuffisance partielle et de réduire sa dépendance vis-à-vis des pays tiers. Environ 91 % de la production de puces se situe en effet en Extrême-Orient et en particulier à Taïwan et en Corée du Sud. L’objectif est de doubler la production d’ici 2030, passant de 10 à 20 %.

Intel, le plus grand fabricant de semi-conducteurs au monde, a annoncé ces derniers mois son intention de créer une usine de pointe en Europe. La société a l’intention de porter son projet de 20 milliards d’euros dans plusieurs pays de l’UE, afin de générer des effets positifs sur plusieurs territoires et d’obtenir le soutien politique et financier de la Commission européenne. L’Italie veut aussi faire partie du jeu. En témoigne le fait que, début juillet, le PDG d’Intel, Pat Gelsinger, a rencontré le Premier ministre Mario Draghi.

Cloud computing

L’European Cloud Alliance, quant à elle, découle de la volonté exprimée par les 27 États membres en octobre 2020 de promouvoir le développement des capacités de cloud et de périphérie de nouvelle génération. En mai, les PDG de 27 grandes entreprises, dont Aruba, Tim, Siemens et d’autres, en avaient soumis un à la Commission européenne feuille de route définir les investissements et les priorités technologiques nécessaires pour renforcer le leadership européen dans ce secteur.

Les règles que l’alliance doit respecter sont : l’interopérabilité, la portabilité/réversibilité, l’ouverture et la transparence, la protection des données, la cybersécurité et la souveraineté des données, l’efficacité énergétique ; conformité aux bonnes pratiques européennes du cloud. Il est particulièrement important pour l’Union européenne de disposer d’infrastructures cloud pour éviter les interférences étrangères sur les données de ses citoyens. En particulier, tant que le gouvernement américain fait usage d’une réglementation permettant l’application d’outils de surveillance unilatéraux même en dehors des États-Unis, les données européennes qui ont été confiées à des opérateurs américains tels que Google ou Amazon risquent de faire l’objet d’interférences de la part du renseignement américain .

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